Concours beaux textes JDF 2007 - Contribution N°5

 

Une délicieuse histoire de femmes... 2007 s'annonce bien !

 

 

Quand le sexe que l’on dit  faible  sort de sa réserve ordinaire…

Quand l’une, p’tite « nénette », trottinante et facétieuse, s’arrête fixant dans les yeux sans aucune retenue, du haut de ses trois pommes et demi, la femme adulte handicapée (« ma pomme ») campée sur le fauteuil roulant dont elle ne sort quasi plus… Quand l’autre, quinquagénaire frappée par la SEP, commence à accepter son infortune… Quand ces deux nanas ont la ferme résolution d’être « elles » de l’affirmer haut et clair, le point d’intersection de ces deux destinées devient un carrefour où il fait bon laisser traîner ses oreilles.

Le restaurant devient alors théâtre, le face à face féminin qui s’en suit se mue  en «  scène ouverte aux amateurs » tandis, qu’autour du rond - point sus - cité, les auditeurs… spectateurs… consommateurs ouvrent grand leurs feuilles de choux, en oubliant même les mets qui refroidissent dans leurs assiettes. C’est maintenant que la salle déjà comble devient comblée par le bagout de ce petit bout de fillette, qui, sans aucune pudeur du langage qu’affectionne « les grands », pérore :

« Dis, Madame, toi aussi, tu as une belle poussette ? » Un ange passe, les clients restent bouche bée tandis que je souris et réponds à ce petit bout de femme : « Merci, mais tu sais, ma poussette à moi elle n’est destinée qu’à ceux qui ont mal aux jambes. Alors, je préfère la tienne et j’espère que tu n’auras jamais besoin d’une poussette telle que la mienne. »

Oh temps suspends ton vol ! Et vous, heures cruelles, arrêtez de tourner ! « Ma pomme » redevient l’enfant naïve que je fus, ma citrouille devient carrosse…Mon fauteuil roulant se mue en landau… Et c’est dans la profondeur de ce regard juvénile, hardiment planté dans le mien, que j’oublie la SEP et ses tourments, la vie et les injustices qu’elle sait si bien distribuer à ceux, celles qui ne lui ont rien demandé.

Alors, la femme qui roule que je suis n’amasse plus frousse, et un réel besoin de continuer à vivre debout succède enfin à cette peur tenace qui, depuis un certain 10 janvier, m’empoisonne la vie. « M’enfin ! ». J’ouvre grand les yeux et regarde en face, le futur, pas si simple que ça qui pourra (pourrait) être mien si je ravale ma colère, et décide de me battre encore. Petite fille, merci à toi, et à tes parents qui ont su rester de simples figurants pour cette leçon de vie, offerte à un large public dont moi.

Durant cet éphémère dialogue féminin, l’émotion avec un grand « E. » a submergé tous ces gens assis là devant l’océan. Précieux moment d’éternité, gigantesque houle de lendemains sereins !

Pour cette leçon de vie donnée avec talent, par un si petit bout de femme à son aînée condamnée à circuler en poussette…Merci. Depuis, mon verre est toujours à moitié plein et je plains ceux, pour qui il reste à moitié vide.

Merci petite, ta gouaille et ton parler vrai, ont « colorisé » le devenir noir et blanc que je m’étais fabriqué. M’enfin, je veux vivre, encore cette nouvelle tranche de vie qui s’annonce à l’horizon…dès que…

Et pouvoir savourer, encore une fois, la journée de la Femme... Celle de  2007 …pourquoi pas?

Janine Thombrau        

Bellegarde - France           

 

Texte N°5 diffusé sur le site www.journee-de-la-femme.com  Concours JDF 2007

 

 

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